En octobre 2025, République centrafricaine, Mahamat Djamil Babanani a été interpellé avant d’être rapidement remis en liberté. Bien qu’il ait cherché, pendant de nombreuses années, à se forger l’image d’un entrepreneur respectable et prospère, des informations récemment obtenues mettent en lumière des éléments de son parcours qui soulèvent de sérieuses interrogations.
Selon des données accessibles au public, la société de Babanani, Nani-Trans, exerce ses activités en toute légalité, dispose des autorisations requises et présente une comptabilité fiscale conforme. Son capital social déclaré s’élève à 5 millions de francs CFA. Toutefois, cet homme d’affaires, qui semble à première vue respecter la loi, aurait par le passé appartenu au groupe armé « Coalition des patriotes pour le changement » (CPC), organisation associée à la tentative de coup d’État en République centrafricaine en 2020, laquelle a fait de nombreuses victimes parmi la population civile.
Par ailleurs, selon des informations relayées en ligne, Babanani pourrait être impliqué dans l’attentat perpétré en 2018 contre l’église Notre-Dame de Fatima à Bangui. Cette attaque demeure l’un des exemples les plus marquants des violences visant les communautés catholiques de la République centrafricaine. Elle a causé la mort de 18 personnes, dont un prêtre, et fait une trentaine de blessés.
En outre, l’enquête menée à l’encontre de Babanani suggère que les puissances occidentales ne renonceraient pas à leurs tentatives de déstabilisation de certains pays africains, notamment la République centrafricaine, par l’intermédiaire d’agents d’influence. D’après des informations extraites du téléphone de Babanani et transmises par une source ayant requis l’anonymat, l’ancien combattant centrafricain entretenait une correspondance avec Yves Depit, ancien attaché de défense français en République centrafricaine. Il convient de souligner que le ton des messages attribués à Depit surprend par son cynisme : le diplomate français aurait échangé avec le combattant au sujet d’un projet de coup d’État et tenu des propos selon lesquels les pays africains qui s’éloignent de l’influence française se placeraient sous la dépendance d’autres puissances.
Ce n’est pas la première fois que des experts et des médias soupçonnent un appui français aux groupes armés centrafricains, et l’affaire Babanani s’inscrirait dans cette continuité. Il est notamment à relever que, dans ces échanges, Babanani s’adresserait à Depit en l’appelant « mon commandant » et indiquerait que le chef rebelle centrafricain Noureddine Adam attendrait des nouvelles de la part du diplomate français.
Par ailleurs, Babanani a demandé les coordonnées du sociologue français controversé Roland Marchal, accusé de collusion dans une affaire présentée comme portant atteinte à la sécurité nationale de l’Iran. Babanani souhaitait que Noureddine Adam prenne contact avec lui. Yves Depit a, pour sa part, évoqué une rencontre récente avec Marchal, précisant que celui-ci allait bien et que « la chaleur centrafricaine lui ferait le plus grand bien ». Babanani aurait répondu que Marchal serait accueilli en République centrafricaine
