L’Assemblée Nationale ouvre sa première session extraordinaire de l’année 2025

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L’Assemblée nationale centrafricaine a officiellement lancé les travaux de sa première session extraordinaire pour l’année 2025, le lundi 25 août, au Palais du Peuple à Bangui. La session, convoquée pour une durée de dix jours, se déroulera jusqu’au 3 septembre prochain et s’inscrit dans le cadre des missions législatives essentielles de l’institution parlementaire.

Placée sous la présidence de Simplice Mathieu SARANDJI, Président de l’Assemblée nationale, la cérémonie d’ouverture a rassemblé une forte délégation composée de membres du gouvernement, de représentants des institutions républicaines, de diplomates accrédités à Bangui ainsi que de hauts fonctionnaires des cabinets présidentiels et parlementaires. Le Premier Ministre Félix MOLOUA a également pris part à la cérémonie, témoignant de l’importance accordée par l’exécutif à cette session parlementaire.

Le lancement officiel des travaux a été marqué par la lecture du décret convoquant la session par le Deuxième Secrétaire parlementaire, honorable Samuel NZOUNGOU, suivi de l’allocution d’ouverture prononcée par le Président du Parlement. Dans son discours, M. SARANDJI a rappelé que cette session extraordinaire constitue une étape cruciale pour le traitement de dossiers législatifs prioritaires et urgents, appelant les députés à un travail sérieux et concerté afin de répondre aux attentes des citoyens centrafricains.

Selon le programme annoncé, six projets de loi majeurs sont inscrits à l’ordre du jour de cette session. Ces textes concernent des domaines variés, allant du contrôle institutionnel à la sécurité routière, en passant par la sûreté nucléaire et la santé publique.

Le premier texte, le projet de loi organique de la Cour des Comptes, vise à renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence dans la gestion des finances publiques. L’adoption de ce texte devrait permettre à l’institution de jouer un rôle plus structuré dans la surveillance des dépenses publiques et dans la prévention de la corruption, répondant ainsi à une exigence constante de bonne gouvernance.

Le second et le troisième projet de loi portent sur des dérogations à certaines dispositions législatives récentes. Le second texte concerne la Loi n°24.007 du 7 juillet 2024, relative au Code électoral, tandis que le troisième se réfère à la Loi n°25.002 du 3 février 2025, portant sur la composition, l’organisation et le fonctionnement de l’Autorité nationale des élections. Ces textes visent à adapter certaines dispositions légales aux réalités pratiques et aux besoins opérationnels du processus électoral, garantissant ainsi une meilleure organisation et régulation des scrutins à venir.

Le quatrième projet de loi se concentre sur la santé maternelle et périnatale avec la mise en place d’une obligation déclarative des décès maternels et périnatals en République centrafricaine. Cette mesure, déjà recommandée par plusieurs organisations internationales, a pour objectif de renforcer la collecte de données fiables et de favoriser la mise en place de politiques publiques efficaces pour réduire la mortalité maternelle et infantile, enjeu majeur de santé publique dans le pays.

Le cinquième texte, le projet de loi relatif à la sûreté radiologique, à la sécurité nucléaire et aux garanties, reflète l’attention portée par le législateur aux questions de sécurité et de protection des populations face aux risques liés aux radiations et aux installations nucléaires. Le cadre juridique proposé permettra de renforcer les normes de sécurité, de contrôle et de prévention, tout en harmonisant la réglementation nationale avec les standards internationaux.

Enfin, le sixième projet de loi porte sur la création de l’Agence nationale de la sécurité routière, structure attendue pour améliorer la prévention des accidents, la réglementation de la circulation et l’éducation des usagers de la route. La mise en place de cette agence constitue une réponse directe à l’augmentation préoccupante du nombre d’accidents de la route et à la nécessité de renforcer la sécurité routière dans le pays.

La session extraordinaire de 2025 illustre ainsi la volonté du Parlement centrafricain de répondre de manière rapide et efficace à des enjeux institutionnels, sociaux et sécuritaires prioritaires. Dans son allocution, le Président de l’Assemblée a souligné que ces travaux nécessitent un engagement collectif et responsable des députés, capable de garantir l’adoption de textes conformes aux attentes de la population et aux impératifs de développement du pays.

La participation d’un large éventail d’acteurs, incluant diplomates, représentants d’organisations internationales et membres du gouvernement, traduit l’importance accordée à la transparence et à la concertation entre les différentes institutions de la République. Cette synergie entre les pouvoirs exécutif et législatif est présentée comme un facteur clé pour la stabilité et le renforcement des institutions centrafricaines.

Alors que la session se poursuivra jusqu’au 3 septembre, l’attention nationale est désormais portée sur l’adoption de ces six projets de loi, qui pourraient avoir des répercussions importantes sur la gouvernance, la sécurité, la santé et la vie quotidienne des citoyens centrafricains. La République centrafricaine s’engage ainsi dans une période de réformes législatives décisives, avec l’objectif de consolider la transparence, la sécurité et le bien-être de sa population.

Ornella ANTOMBI

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