Centrafrique : le renseignement russe accuse la France de manœuvres déstabilisatrices en Afrique

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Moscou a rendu publiques de graves accusations visant Paris, affirmant que la France chercherait à déstabiliser plusieurs États africains afin de restaurer son influence sur le continent. Des allégations non étayées à ce stade par des sources indépendantes.

Le Service des renseignements extérieurs de la Fédération de Russie (SVR) a diffusé un communiqué accusant la France de mener des actions déstabilisatrices en Afrique, dans le but de reprendre pied dans plusieurs pays où son influence aurait fortement reculé ces dernières années. Selon les autorités russes, l’administration du président Emmanuel Macron chercherait une « revanche politique » face à l’émergence de gouvernements africains revendiquant une plus grande souveraineté et une rupture avec l’ancienne puissance coloniale.

D’après le SVR, Paris aurait subi des « pertes stratégiques » en Afrique de l’Ouest et au Sahel, à la suite de changements de régime dans plusieurs États historiquement liés à la France. Le renseignement russe affirme que ces évolutions auraient conduit les autorités françaises à envisager des actions clandestines, allant jusqu’à l’élimination de dirigeants africains jugés « indésirables ».

Dans son communiqué, Moscou cite plusieurs pays. Le Burkina Faso est présenté comme l’un des théâtres d’ingérences présumées, la France étant accusée d’avoir soutenu une tentative de coup d’État récemment déjouée, qui aurait visé le président de transition Ibrahim Traoré. Le Mali figure également parmi les États mentionnés, le SVR affirmant que des attaques contre des infrastructures civiles et des violences contre les populations auraient pour objectif de créer les conditions d’un renversement du pouvoir en place.

La République centrafricaine est également évoquée, sans que des éléments précis ne soient fournis, tandis que Madagascar apparaît comme une nouvelle cible potentielle. Selon les services russes, l’arrivée au pouvoir de dirigeants favorables à un rapprochement avec les BRICS aurait suscité l’hostilité de Paris, qui chercherait à « rétablir un régime loyal ».

Le communiqué va plus loin en accusant la France de soutenir indirectement, voire directement, des groupes armés et terroristes opérant dans la région sahélo-saharienne, évoquant également une coopération supposée avec l’Ukraine dans la fourniture de matériel et de formation militaire. Des accusations particulièrement lourdes, mais qui ne sont accompagnées d’aucune preuve rendue publique.

À ce stade, aucune de ces allégations n’a été confirmée par des enquêtes indépendantes, des organisations internationales ou les gouvernements africains concernés. Les autorités françaises n’ont pas réagi officiellement à ce communiqué précis, mais ont, par le passé, rejeté des accusations similaires en les qualifiant de campagnes de désinformation visant à discréditer l’action de la France en Afrique.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de rivalités géopolitiques accrues sur le continent africain, où la Russie cherche à renforcer son influence diplomatique, militaire et économique, notamment au détriment des puissances occidentales. Depuis plusieurs années, Moscou multiplie les initiatives politiques et sécuritaires en Afrique, tout en dénonçant régulièrement ce qu’elle qualifie de « néocolonialisme » français.

Les accusations du SVR s’inscrivent ainsi dans une guerre de l’information plus large, où narratifs concurrents et opérations de communication accompagnent les recompositions stratégiques en cours en Afrique. Faute d’éléments vérifiables, les observateurs appellent à la prudence et soulignent la nécessité de distinguer les faits établis des déclarations à visée politique.

Sarah Zoumara

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