Des téléphones circuleraient à la prison de Camp de Roux sous fond d’accusations de laxisme

Des téléphones portables circuleraient au sein de la prison de haute sécurité de Camp de Roux, à Bangui, selon plusieurs sources internes au milieu pénitentiaire. Cette situation, si elle était confirmée, soulèverait de sérieuses préoccupations en matière de sécurité et de gouvernance carcérale.

D’après trois agents pénitentiaires joints sous couvert d’anonymat, une quinzaine d’appareils seraient utilisés régulièrement par des détenus. L’introduction de ces téléphones se ferait moyennant des sommes comprises entre 5 000 et 15 000 francs CFA, versées à des gardiens ou à des intermédiaires. Ces allégations n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune confirmation officielle.

Le directeur de l’établissement, le capitaine de gendarmerie Demba Donatien, serait mis en cause par certains témoignages internes. Il lui serait reproché d’avoir laissé prospérer ces pratiques, voire de les avoir tolérées. Aucune procédure disciplinaire publique ne viserait toutefois l’intéressé à ce jour.

La prison de Camp de Roux accueillerait plusieurs détenus soupçonnés d’appartenir à des groupes armés, notamment la Coalition des patriotes pour le changement, les 3R et l’UPC. Une note sécuritaire consultée par notre rédaction indiquerait que certaines communications passées depuis l’intérieur de l’établissement auraient permis de transmettre des consignes opérationnelles vers l’extérieur, notamment dans les régions de Bossangoa et Markounda. Ces informations restent toutefois à corroborer de manière indépendante.

Contactée, la MINUSCA aurait indiqué « suivre la situation de près », sans fournir davantage de précisions sur d’éventuelles mesures en cours.

Dans un contexte où d’autres responsables pénitentiaires auraient récemment été relevés de leurs fonctions pour des faits similaires, le maintien en poste du directeur de Camp de Roux interrogerait certains observateurs. Cette différence de traitement pourrait alimenter des interrogations au sein de l’administration judiciaire.

En l’absence de communication officielle détaillée, plusieurs zones d’ombre subsistent. Une éventuelle enquête interne ou indépendante permettrait de clarifier les faits et d’établir les responsabilités, si les allégations venaient à être confirmées.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut