Un court-circuit provoque la panique et fait plusieurs morts au Lycée Barthélémy Boganda de Bangui

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Un tragique incident a frappé ce mardi 25 juin 25 après-midi le Lycée Barthélémy Boganda à Bangui, alors que se déroulait la deuxième journée des épreuves écrites du baccalauréat. Un court-circuit, suivi d’une violente explosion, a semé une panique généralisée parmi les milliers de candidats réunis dans ce centre d’examen. Le bilan provisoire est lourd : 12 morts et plusieurs dizaines de blessés, dont certains dans un état critique.

Ce drame, survenu en pleine session nationale du baccalauréat, plonge le pays dans la consternation, suscitant une onde de choc bien au-delà des murs de cet établissement emblématique.

Il était un peu plus de 13h lorsque la situation a basculé. Les candidats étaient plongés dans leur examen d’histoire géographie, selon leur série. Soudain, un bruit assourdissant retentit, immédiatement suivi de cris de panique, d’étincelles, et d’une coupure totale de courant. Le centre n°2 du Lycée Barthélémy Boganda, transformé en zone de chaos, s’est retrouvé envahi par des élèves affolés, cherchant à fuir les lieux par tous les moyens mais aussi les parents venus chercher les siens.

« On était concentrés sur nos copies, puis il y a eu un bruit fort comme une détonation, puis des étincelles dans les fils au-dessus de nous. Tout le monde a commencé à courir. Il y avait de la fumée, des gens qui criaient, certains tombaient et se faisaient piétiner… c’était l’enfer », témoigne un candidat en terminale A.

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L’origine de cette explosion a très vite été attribuée à un court-circuit électrique, survenu peu de temps après une intervention technique des équipes de l’Énergie Centrafricaine (ENERCA) sur un transformateur situé à proximité du centre d’examen. Plusieurs témoins affirment avoir vu des techniciens travailler quelques instants avant l’incident : « Ils étaient là, en train de manipuler quelque chose près du poteau. Je crois qu’ils essayaient de remettre le courant ou de vérifier une panne. Puis on a vu des étincelles après leur départ. Quelques minutes plus tard, tout a sauté », raconte Ernest, autre élève présent sur les lieux.

L’explosion a semé une panique généralisée. Pris de peur, des centaines d’élèves se sont rués vers les sorties, certains enjambant les fenêtres, d’autres escaladant les murs. Dans cette confusion totale, de nombreux candidats sont tombés, piétinés, ou blessés par des chutes ou des objets projetés : « Mon amie Emmanuelle est tombée devant moi. Je n’ai pas pu la relever, il y avait trop de monde qui courait. J’ai juste entendu ses cris, puis plus rien… On m’a dit après qu’elle était morte à l’hôpital », confie en larmes Urielle, élève du Lycée Gbaloko, visiblement traumatisée.

Les secours ont mis plusieurs minutes à accéder aux lieux en raison de la foule. Des ambulances, les sapeurs-pompiers et la Croix-Rouge sont intervenus en urgence pour évacuer les blessés vers plusieurs hôpitaux de Bangui, notamment l’hôpital communautaire et l’hôpital pédiatrique. Le bilan provisoire établi dans la soirée fait état de 12 décès, dont plusieurs jeunes filles, et de plus de 40 blessés, certains dans un état grave nécessitant des soins intensifs.

Le gouvernement réagit

Face à l’ampleur de la tragédie, les autorités centrafricaines ont rapidement réagi. Le ministre d’État à l’Éducation nationale, Simplice Aurélien Zingas, a tenu une conférence de presse en urgence pour exprimer la position du gouvernement et annoncer les premières mesures : « Le Lycée Barthélémy Boganda abrite deux centres d’examen, Boganda 1 et Boganda 2, pour un total de 5 311 candidats au baccalauréat. Ce drame est une épreuve pour notre nation toute entière. Nous exprimons nos plus sincères condoléances aux familles endeuillées et notre solidarité aux blessés », a-t-il déclaré.

Le ministre a également annoncé la suspension immédiate des examens dans les deux centres concernés, le temps de réévaluer les conditions de sécurité et de permettre aux candidats de se remettre du choc : « Une enquête indépendante sera ouverte pour faire toute la lumière sur cet incident tragique. Des sanctions seront prises s’il y a eu négligence. Nous appelons les candidats au calme. Les épreuves reprendront dans ces centres dès que les conditions de sécurité seront garanties », a-t-il ajouté.

Le ministère a précisé que les autres centres d’examen à Bangui et dans les régions poursuivront normalement les épreuves selon le calendrier prévu.

Depuis l’annonce du drame, les messages de soutien affluent sur les réseaux sociaux et dans les médias. Plusieurs responsables politiques, organisations de la société civile, ainsi que des établissements scolaires, ont exprimé leur compassion envers les familles des victimes. Des veillées de prière et des moments de recueillement sont déjà organisés spontanément dans certains quartiers de Bangui, notamment à Lakouanga, PK5, Castors et Sica.

Autant de questions qui nécessitent des réponses claires et urgentes, dans un contexte où le système éducatif centrafricain, déjà confronté à de multiples défis, ne peut se permettre de nouvelles failles.

Estelle Lackry

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