Alors que le second tour des législatives approche, la participation de l’ancien sous-préfet de Zémio suscite interrogations et inquiétudes dans l’est de la République centrafricaine.
La candidature de Romaric Sangu Zirani à l’Assemblée nationale ferait débat dans la préfecture du Haut-Mbomou, une région marquée ces dernières années par des tensions sécuritaires persistantes. Plusieurs acteurs locaux exprimeraient des préoccupations quant à son parcours et aux controverses qui entoureraient son nom.
Ancien sous-préfet de Zémio, M. Zirani aurait été cité, selon certaines sources locales, dans des accusations liées aux troubles survenus dans le sud-est du pays. Des habitants et observateurs évoqueraient notamment de présumés liens indirects avec des groupes armés actifs dans la zone, parmi lesquels le mouvement « Azandé Ani Kpi Gbé » (AAKG), accusé d’attaques contre les Forces armées centrafricaines (FACA) et d’exactions contre des civils.
À ce jour, aucune condamnation judiciaire définitive ne semblerait toutefois avoir été prononcée à son encontre.
Une procédure judiciaire au cœur des interrogations
Arrêté le 15 octobre 2025 pour des soupçons présumés de déstabilisation du sud-est du pays, Romaric Sangu Zirani aurait été remis en liberté le 12 novembre suivant. Le classement sans suite de l’affaire par le parquet de Zémio aurait suscité incompréhension et interrogations au sein d’une partie de la population locale.
Certains observateurs estimeraient que cette décision mériterait des clarifications supplémentaires afin de dissiper les doutes et de préserver la crédibilité des institutions judiciaires. À ce stade, aucune preuve publique ne viendrait toutefois établir l’existence d’irrégularités dans la procédure. Le magistrat concerné ne se serait pas exprimé officiellement sur ces critiques.
Des allégations contestées
Dans le Haut-Mbomou, des témoignages feraient état de violences intercommunautaires, de déplacements forcés et d’extorsions dans certaines localités, notamment à Zémio. Plusieurs voix locales associeraient ces événements à un projet politique qualifié par ses détracteurs d’« Empire Azandé ».
Ces accusations demeureraient cependant contestées et n’auraient pas fait l’objet de décisions judiciaires établissant des responsabilités individuelles. Les partisans de M. Zirani pourraient considérer ces allégations comme politiquement motivées ou infondées.
Un enjeu institutionnel et politique
La perspective de voir l’ancien sous-préfet siéger à l’Assemblée nationale poserait, pour certains électeurs, la question de l’exemplarité des représentants publics dans un contexte national encore fragile.
Des analystes rappelleraient que l’immunité parlementaire, bien qu’encadrée par la loi, pourrait compliquer d’éventuelles procédures futures si de nouveaux éléments devaient émerger. D’autres souligneraient néanmoins que cette immunité ne constituerait pas une protection absolue et pourrait être levée conformément aux mécanismes prévus par la Constitution.
Appels à plus de transparence
Dans un climat marqué par la méfiance et les tensions, plusieurs acteurs locaux appelleraient à un traitement rigoureux et impartial des dossiers liés aux violences dans le Haut-Mbomou. L’objectif, selon eux, serait de renforcer la confiance des populations dans l’appareil judiciaire et de prévenir toute instrumentalisation politique.
Alors que la République centrafricaine poursuit ses efforts de stabilisation, cette affaire illustrerait les défis persistants en matière de gouvernance, de justice et de cohésion nationale.
