À l’issue d’un projet financé par la Banque mondiale, l’ONG Constellations Internationale tire la sonnette d’alarme : ‹‹ en République centrafricaine, de nombreux projets de développement ne correspondent pas aux besoins réels des populations.›› Le constat a été dressé ce lundi 2 Juin 2025 à Bangui par Lorenzo Ganazoui Yandocka, coordonnateur de l’organisation, lors d’une conférence de presse.
Mis en œuvre dans quatre préfectures Lobaye, Mbomou, Vakaga et Basse-Kotto le projet intitulé « Voix et contrôle des citoyens pour la résilience des communautés et la gouvernance locale » a été soutenu par la Banque mondiale à hauteur de 350.000 dollars pour une durée de 18 mois. Il visait à renforcer la participation citoyenne, en particulier dans le domaine de la santé, et à identifier les défis prioritaires dans des zones affectées par les crises.
Dans le cadre de cette initiative, l’ONG a élaboré un outil de consultation communautaire baptisé « Boukou ti Maingo », recueillant les besoins exprimés par les populations locales à travers un processus participatif. L’analyse des données issues de cet outil a révélé un écart important entre les projets mis en œuvre et les attentes des bénéficiaires.
Des projets sans ancrage local Selon Lorenzo Ganazoui Yandocka, de nombreux projets exécutés en RCA manquent de pertinence : « Les interventions sont souvent décidées sans concertation réelle avec les communautés. Elles ne tiennent pas compte des spécificités locales, ce qui limite leur impact sur le développement. »
Cette déconnexion, selon l’ONG, explique pourquoi plusieurs programmes échouent à améliorer durablement les conditions de vie des populations, malgré des financements conséquents.
Des besoins différenciés selon les préfectures Constellations Internationale plaide pour une approche contextualisée du développement. Chaque région ayant ses propres réalités, les projets doivent être adaptés en conséquence. Par exemple : Dans la Vakaga, région éloignée et enclavée, l’agriculture et l’élevage sont identifiés comme leviers de résilience.
Dans le Mbomou, la pêche est la principale activité génératrice de revenus. Les interventions devraient donc viser à structurer et moderniser ce secteur.
Bélisaire Dorval Sahoul
