
Sous la houlette du Président de la République Faustin Archange Touadéra, Président du Comité de Gestion de la Carrière des Magistrats et Juges Centrafricains, s’est tenue ce jeudi 19 juin 2025, à la Cité des Chefs d’État à Bangui, la première session des travaux des trois organes majeurs en charge de la gestion de la carrière des magistrats et juges de la République centrafricaine. Cette réunion marque une étape importante dans le renforcement du système judiciaire du pays, avec un agenda ambitieux axé sur la nomination, la promotion, la retraite, et la réorganisation territoriale des juridictions.
La gestion de la carrière des magistrats et juges en République centrafricaine repose sur trois organes clés, chacun institué par des textes législatifs précis, qui veillent à garantir la bonne administration de la justice et le respect des procédures judiciaires dans le pays :
Le Conseil Supérieur de la Magistrature de l’ordre judiciaire, chargé principalement de la gestion des carrières des magistrats de l’ordre judiciaire, de la nomination à la retraite, et de la discipline au sein de cette corporation.
La Commission Consultative du Conseil d’État, qui supervise les carrières des magistrats administratifs et est garante du bon fonctionnement du Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative du pays.
La Conférence des Présidents et Procureur Général de la Cour des Comptes, responsable de la gestion des carrières des magistrats financiers et du contrôle des comptes publics.
Ces trois organes sont réunis sous l’autorité du Président de la République, qui en assure la présidence, et du Ministre d’État en charge de la Justice, Garde des Sceaux, Arnaud Djoubaye Abazene, vice-président du comité.
Une session aux enjeux multiples
L’ordre du jour de cette session 2025 a été particulièrement chargé, illustrant la volonté des autorités de dynamiser le secteur judiciaire à travers des réformes importantes. Les principaux points abordés ont été les suivants : La nomination dans diverses fonctions judiciaires, y compris à la Chancellerie et à l’Inspection Générale des Services Judiciaires, un élément clé pour assurer une meilleure coordination et supervision du travail des magistrats.
L’admission à la retraite de certains magistrats et juges, l’intégration de nouveaux magistrats et juges dans la fonction publique, la promotion dans différents grades au sein du corps judiciaire, la création de nouvelles juridictions territoriales.
Le Conseil Supérieur de la Magistrature ouvre la session
Les travaux ont débuté avec le Conseil Supérieur de la Magistrature de l’ordre judiciaire, instance phare dans la gestion des carrières des magistrats. Ont participé à cette session les membres de droit du Conseil, parmi lesquels : Le Premier Président de la Cour de Cassation, le Procureur Général près la Cour de Cassation, l’Inspecteur Général des Services Judiciaires, les Présidents des Cours d’Appel, les Procureurs Généraux, Six magistrats élus lors d’une Assemblée Générale par collège, quatre personnalités extérieures au corps judiciaire.
Cette diversité de membres assure un équilibre entre les magistrats de carrière et les représentants indépendants, garantissant ainsi l’objectivité et la transparence des décisions prises.
Au cours de cette première phase, les échanges ont été centrés sur les critères et modalités des nominations et promotions, la gestion des départs à la retraite, ainsi que sur la définition précise des nouvelles compétences territoriales pour les juridictions à créer.
La Commission Consultative du Conseil d’État poursuit les travaux
Après la séance du Conseil Supérieur, la Commission Consultative du Conseil d’État s’est réunie pour poursuivre les discussions relatives aux magistrats administratifs. Cette Commission comprend : Le Président du Conseil d’État, les Présidents de Section, deux Conseillers d’État, deux Maîtres des Requêtes, deux Auditeurs, tous élus par leurs pairs.
Les débats ont porté sur l’évaluation des performances, les plans de carrière, ainsi que la modernisation de la juridiction administrative pour répondre aux défis croissants liés à la gestion des affaires publiques et à la protection des droits des citoyens.
L’attention a également été portée sur la nécessité d’améliorer la formation continue des magistrats administratifs afin d’adapter leurs compétences aux évolutions législatives et aux besoins du pays.
Enfin, la Conférence des Présidents et Procureur Général de la Cour des Comptes a tenu sa réunion pour statuer sur les questions liées au corps des magistrats financiers. Ce corps joue un rôle crucial dans la surveillance de l’utilisation des fonds publics et dans la lutte contre la corruption.
Les participants ont notamment discuté de l’intégration de nouvelles ressources humaines, de la formation spécialisée, ainsi que de la restructuration des juridictions financières pour améliorer leur efficacité.
Des réformes pour renforcer la justice centrafricaine
À l’issue de ces travaux, le Ministre d’État en charge de la Justice, Garde des Sceaux, Arnaud Djoubaye Abazene, s’est félicité des réformes adoptées, qui selon lui, « vont redynamiser le secteur de la justice et favoriser véritablement l’accès à la justice par tous. »
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre des ambitions du gouvernement centrafricain pour moderniser le système judiciaire, garantir son indépendance, et renforcer la confiance des citoyens dans les institutions.
Le Président Touadéra, quant à lui, a insisté sur l’importance de l’engagement personnel de chaque magistrat dans cette mission cruciale pour le développement du pays. Il a souligné que la justice est un pilier fondamental de la paix, de la sécurité, et du progrès économique.
La première session 2025 des organes de gestion de la carrière des magistrats et juges centrafricains, dirigée par le Président Faustin Archange Touadéra, s’inscrit dans une dynamique positive pour la justice en République centrafricaine. À travers des réformes structurantes, une volonté politique affirmée, et une concertation élargie, le pays pose les bases d’un système judiciaire plus efficace, plus accessible, et plus respecté.
Les prochaines étapes consisteront à assurer la mise en œuvre rigoureuse de ces décisions, à accompagner les magistrats dans leur parcours professionnel, et à poursuivre la modernisation du secteur judiciaire, afin que justice soit rendue en toute équité à chaque citoyen centrafricain.
Rodriguez SAMBA
