La Coordination Nationale de la Biodiversité vulgarise la stratégie et le plan d’actions national pour la biodiversité en Centrafrique

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En République centrafricaine (RCA), la biodiversité est à la fois une richesse inestimable et une ressource menacée. Consciente des enjeux majeurs liés à la conservation de ses écosystèmes naturels, la Coordination Nationale de la Biodiversité, rattachée au Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, a lancé ce matin une grande campagne de vulgarisation, sensibilisation et d’appropriation du Plan d’Actions National pour la Biodiversité (SPANB).

Organisée à Bangui, cette rencontre a réuni des représentants de l’administration publique, des organisations non gouvernementales, des institutions internationales, des chercheurs ainsi que des défenseurs de l’environnement. Objectif : renforcer la compréhension des enjeux, principes et objectifs du SPANB, et susciter une mobilisation inclusive pour la mise en œuvre des actions de conservation.

La République centrafricaine est considérée comme l’un des pays les plus riches en biodiversité du continent africain. Avec ses forêts denses, savanes, rivières et zones humides, le pays abrite une diversité exceptionnelle d’espèces animales et végétales, dont certaines sont endémiques. Cependant, ce capital naturel est aujourd’hui gravement menacé.

Selon Martin N’djiki, chargé de mission pour la biodiversité au sein du ministère, les menaces pesant sur l’environnement centrafricain sont multiples : « La déforestation, la chasse excessive, l’exploitation minière incontrôlée, la pollution, ainsi que les effets du changement climatique fragilisent nos écosystèmes. Si rien n’est fait, nous risquons de perdre ce patrimoine naturel unique qui constitue pourtant un levier essentiel de développement durable. »

Pour faire face à cette situation critique, le gouvernement centrafricain s’est doté d’une Stratégie Nationale et Plan d’Actions pour la Biodiversité, un document stratégique de référence qui fixe les grandes orientations en matière de conservation pour la période 2025-2035.

Le SPANB se veut un cadre directeur pour toutes les initiatives nationales liées à la préservation de la biodiversité. Il établit un diagnostic clair des menaces, définit des priorités, fixe des objectifs mesurables, et propose des actions concrètes à mettre en œuvre par les différents acteurs, qu’ils soient publics, privés ou issus de la société civile.

Parmi les priorités identifiées figurent : la protection des aires naturelles protégées ; la lutte contre le braconnage et le commerce illégal d’espèces sauvages ; la promotion d’une agriculture durable et respectueuse des écosystèmes ; la valorisation des savoirs traditionnels liés à la biodiversité ; le renforcement des capacités institutionnelles et communautaires.

Pour Cléoface Landry Mabessimo, Coordonnateur national de la biodiversité, cet atelier de vulgarisation marque une étape charnière : « Il ne s’agit pas seulement de présenter un document technique, mais d’amener toutes les parties prenantes à s’approprier cette stratégie. Car la biodiversité concerne tout le monde, et sa préservation exige une démarche participative et inclusive. »

L’enjeu principal aujourd’hui est d’assurer une mise en œuvre effective du SPANB. Cela implique une coordination renforcée entre les différents ministères concernés, mais aussi l’implication des collectivités locales, des communautés de base, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers.

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Laurent Some, Directeur-pays de WWF Centrafrique, a salué l’initiative du gouvernement centrafricain et a rappelé l’importance du partenariat international dans ce processus : « Nous félicitons le ministère de l’Environnement pour cette initiative ambitieuse. Il est indispensable que la communauté internationale continue de soutenir les efforts de la RCA, notamment en matière de financement, de renforcement des capacités et de transfert de technologies. »

Une richesse sous-exploitée au service du développement durable

Malgré son potentiel exceptionnel en matière de biodiversité, la RCA peine encore à valoriser cette richesse naturelle au profit de ses populations. L’absence de politiques claires, le manque de moyens techniques et financiers, et l’instabilité politique sont autant d’obstacles qui ont freiné les efforts de conservation dans le passé.

Or, selon les experts, la biodiversité peut être un moteur de développement économique, notamment à travers l’écotourisme, la pharmacopée traditionnelle, l’agriculture agroécologique ou encore les services écosystémiques (régulation du climat, fertilité des sols, etc.) : « Protéger la biodiversité, c’est aussi investir dans la santé, la sécurité alimentaire, la résilience climatique et la paix. Nous devons faire de cette richesse un pilier central de notre stratégie de développement durable», rappelle Martin N’djiki.

L’un des axes forts du SPANB concerne la sensibilisation du grand public et l’éducation environnementale. Pour changer les comportements et renforcer l’engagement citoyen, le ministère compte s’appuyer sur les médias, les écoles, les leaders communautaires et les influenceurs : « Il faut que chaque citoyen, où qu’il soit en RCA, comprenne pourquoi la biodiversité est vitale, et ce qu’il peut faire pour la protéger. C’est un travail de longue haleine, mais indispensable si nous voulons inscrire notre pays dans une trajectoire durable», insiste Cléoface Mabessimo.

En lançant cette campagne de vulgarisation du SPANB, la République centrafricaine envoie un message clair : la préservation de la biodiversité est une priorité nationale. Ce processus ne pourra cependant aboutir que si toutes les composantes de la société s’y engagent activement.

« L’heure n’est plus aux discours, mais à l’action. Nous avons désormais une feuille de route claire. Il nous appartient à tous, décideurs, citoyens, partenaires, de la mettre en œuvre avec détermination, dans l’intérêt de notre pays et des générations futures», conclut Martin N’djiki. Bélisaire Dorval Sahoul

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