
Un phénomène inédit prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux en République centrafricaine. Depuis plusieurs semaines, de jeunes internautes se revendiquant de la Génération Z publient massivement des vidéos sur TikTok et Facebook pour afficher leur soutien au président Faustin-Archange Touadéra, à l’approche des prochaines échéances électorales. Le mouvement s’organise autour du mot-dièse #GenZpourFAT, devenu viral sur les plateformes numériques du pays.
Ce rassemblement numérique, qui s’apparente à un véritable flashmob politique, se distingue par son ampleur et par son orientation. Contrairement aux mobilisations observées récemment dans plusieurs pays africains et asiatiques — notamment à Madagascar, en Tanzanie ou au Népal — où la jeunesse s’est exprimée majoritairement dans une logique de contestation du pouvoir en place, la Génération Z centrafricaine adopte ici une posture différente, marquée par un soutien assumé aux autorités en fonction.
Un élément notable de ce phénomène réside dans la forte implication des créateurs de contenus les plus suivis du pays. Selon les observations sur les réseaux sociaux, la majorité des tiktokeurs et influenceurs centrafricains les plus populaires ont relayé ou produit des contenus liés au hashtag #GenZpourFAT, contribuant largement à sa diffusion et à sa visibilité auprès d’un public jeune et connecté.
Dans leurs vidéos, les participants expliquent leur engagement sans détour. Ils affirment que la Génération Z ne se définit pas par une opposition systématique au pouvoir, mais par une approche qu’ils qualifient de pragmatique et exigeante. Selon eux, lorsque les dirigeants produisent des résultats jugés concrets, la jeunesse est capable de le reconnaître et de l’exprimer publiquement.
Pour nombre de ces jeunes créateurs de contenus, le président Faustin-Archange Touadéra incarne avant tout le retour progressif de la paix et de la sécurité en République centrafricaine. Un contexte qu’ils estiment essentiel pour envisager l’avenir, accéder à l’éducation, développer des compétences numériques, entreprendre et s’exprimer librement sur les plateformes sociales.
« Sans sécurité, il n’y a pas d’avenir pour la jeunesse », affirment plusieurs participants au mouvement. Certains soulignent que l’amélioration du climat sécuritaire leur a permis de bénéficier plus facilement de formations, d’outils numériques et de nouvelles opportunités économiques, notamment dans le domaine de l’auto-entrepreneuriat et de la création de contenus en ligne.
Les initiateurs du hashtag insistent par ailleurs sur le caractère volontaire de leur engagement. Ils réfutent toute idée de manipulation ou d’adhésion aveugle, affirmant fonder leur soutien sur leur propre vécu et sur les changements observés dans leur quotidien.
À travers le mouvement #GenZpourFAT, une partie de la jeunesse centrafricaine cherche ainsi à se positionner comme un acteur citoyen à part entière, capable de discernement et de dialogue. En utilisant les réseaux sociaux comme espace d’expression politique positive, elle adresse un message clair aux décideurs : elle se dit prête à accompagner les autorités lorsque celles-ci œuvrent, selon elle, en faveur de la stabilité, de la paix et du développement.
Dans un contexte où les plateformes numériques sont souvent associées à la contestation et à la mobilisation contre les pouvoirs en place, la République centrafricaine offre ainsi un exemple singulier d’une jeunesse qui choisit d’y exprimer son adhésion et sa vision optimiste de l’avenir.
La Rédaction
