Centrafrique : L’OFUPCSC s’engage dans l’autonomisation économique des femmes de Mbaïki

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Dans une atmosphère marquée par l’enthousiasme populaire et la mobilisation communautaire, l’Organisation des Femmes Unies pour la Paix et la Cohésion Sociale en Centrafrique (OFUPCSC) a récemment mené une mission de terrain dans la circonscription de Mbaïki I, avec une étape importante dans le village de Boto.

L’objectif : sensibiliser, organiser et valider les bureaux des cellules locales, afin de structurer efficacement les femmes autour des valeurs de paix, de solidarité et de développement.

Cette mission stratégique a été conduite par la Coordinatrice nationale de l’association, Madame Virginie Mokondji, une figure engagée dans la défense des droits des femmes et la promotion de la paix communautaire.

« Nous croyons fermement que la paix durable passe par l’implication des femmes dans toutes les sphères de la vie : sociale, économique et politique. Une femme épanouie, formée et organisée est un levier puissant contre les conflits, la pauvreté et l’exclusion », a déclaré Mme Mokondji, devant une assemblée de femmes réunies sous le grand manguier de Boto.

La Coordinatrice a procédé à la validation officielle des bureaux des villages, avec notamment la remise d’un mandat à Madame Jeanne Bity, présidente élue de la cellule locale de Boto, ainsi qu’une enveloppe symbolique remise à la trésorière générale, Madame Chantal. Cette étape marque l’opérationnalisation de l’organisation dans la localité, une avancée significative pour la décentralisation des actions de terrain.

La mission a été honorée par la présence de la Préfète de la Lobaye, Madame Georgette Gahoro, qui a remis une lettre d’accréditation officielle à l’OFUPCSC, validant ainsi son rôle et sa légitimité dans le développement local : « Nous reconnaissons ici les efforts remarquables de l’OFUPCSC dans l’encadrement des femmes rurales. Cette structure joue un rôle clé dans la reconstruction sociale du pays, particulièrement en période post-crise », a affirmé Madame Gathou, en saluant la vision inclusive de l’association.

Des activités génératrices de revenus pour transformer les communautés

Depuis sa création, l’OFUPCSC agit comme un catalyseur d’initiatives féminines à travers des programmes concrets : élevage (cabris, poules), agriculture vivrière, artisanat, couture, coiffure et menuiserie. Ces activités, portées par les cellules locales, ont pour but de renforcer l’autonomie économique des femmes et de créer des alternatives durables à la pauvreté.

« Nous ne voulons plus que nos sœurs dépendent de l’aide ou des décisions des autres. Il faut qu’elles aient des revenus, qu’elles sachent gérer une tontine, lancer un petit commerce, ou même former d’autres femmes. C’est ainsi qu’on construit une société équitable », explique Virginie Mokondji, en visitant un petit élevage soutenu par l’association.

Un accent particulier est mis sur la tontine féminine, système d’épargne communautaire qui permet aux femmes de mutualiser leurs moyens pour investir dans de petites entreprises ou répondre à des besoins urgents. À cette occasion, la Coordinatrice a rappelé la symbolique forte du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, comme moment de réflexion collective et d’action locale.

L’OFUPCSC ne se limite pas aux activités économiques. Elle mène également des campagnes de sensibilisation contre le VIH/SIDA, les violences basées sur le genre, et la stigmatisation. Des séances d’information sont régulièrement organisées dans les villages pour informer les femmes sur leurs droits, leur santé et leur rôle dans la consolidation de la paix.

« Le VIH/SIDA continue de ronger nos communautés. Trop de femmes souffrent en silence, faute d’information ou de soutien. Nous devons briser le silence, éduquer, prévenir et accompagner. Chaque femme sauvée, c’est une famille sauvée », martèle Mme Mokondji, avec une émotion palpable.

Une reconnaissance croissante au niveau national

Reconnue par un agrément officiel délivré par le Ministère de l’Intérieur, l’OFUPCSC est inscrite au journal officiel de la République centrafricaine. Sa légitimité lui permet d’intervenir sur tout le territoire national avec des projets d’ampleur. Elle est aujourd’hui citée parmi les structures les plus dynamiques du pays dans le domaine du développement communautaire féminin.

« Notre vision est simple : bâtir une Centrafrique où chaque femme, quel que soit son village, a accès à la dignité, à l’information et à l’autonomisation. Nous avons besoin de partenaires, mais surtout de l’engagement de toutes les femmes », conclut Virginie Mokondji.

À travers ses actions à Mbaïki et ailleurs, l’OFUPCSC prouve qu’une autre Centrafrique est possible. Une Centrafrique construite sur la base de la paix, de la solidarité et de l’autonomisation des plus vulnérables. Et ce sont les femmes, longtemps marginalisées, qui en deviennent les véritables architectes.

Source : Le Miroir

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