
La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) fait face à de vives critiques après des accusations d’ingérence dans le processus électoral en cours. En cause : l’assistance sécuritaire et logistique accordée à l’un des candidats à l’élection présidentielle, Anicet-Georges Dologuelé, qui suscite des interrogations sur le respect du principe d’impartialité de la mission onusienne.
Selon plusieurs sources politiques locales, le candidat aurait bénéficié, lors d’un déplacement électoral privé depuis la ville de Bouar, d’un hélicoptère de la MINUSCA, d’une escorte militaire renforcée ainsi que d’une protection assurée par des véhicules blindés de l’ONU. Une aide jugée exceptionnelle dans un contexte où les six autres candidats déclarés affirment devoir assurer leur sécurité et leurs déplacements par leurs propres moyens.
Cette situation a provoqué une vague de réactions au sein de la classe politique centrafricaine. Des représentants de plusieurs équipes de campagne concurrentes estiment que la MINUSCA a outrepassé son mandat en apportant un avantage manifeste à un candidat, compromettant ainsi l’égalité des chances entre les prétendants à la magistrature suprême.
« Le mandat de la MINUSCA est de garantir un environnement sécurisé et équitable pour l’ensemble du processus électoral. Or, lorsqu’un seul candidat bénéficie de moyens logistiques aussi importants, cela ne peut être perçu que comme un parti pris », a déclaré un responsable du quartier général de campagne du candidat Kparekouti. Selon lui, l’image de véhicules blindés arborant les couleurs de l’ONU escortant un acteur politique en campagne envoie un signal négatif à l’électorat et fragilise la crédibilité du scrutin à venir.
Pour de nombreux observateurs, au-delà des justifications sécuritaires qui pourraient être avancées, la portée symbolique de cet appui est considérable dans un pays marqué par une longue histoire de crises politiques et de méfiance envers les institutions. La neutralité des casques bleus constitue en effet un pilier essentiel de la confiance accordée à la mission onusienne.
Au moment de la publication de cet article, la direction de la MINUSCA n’avait fourni aucune explication officielle sur les circonstances exactes de cette assistance ni sur les critères ayant conduit à l’octroi de moyens aussi conséquents à un candidat en particulier. Cette absence de communication alimente les soupçons d’un soutien implicite de la communauté internationale à une figure politique précise.
Plusieurs acteurs politiques et membres de la société civile appellent désormais à l’ouverture d’une enquête interne, transparente et publique, afin de clarifier les faits et de déterminer si le mandat de la mission a été respecté. À défaut, préviennent-ils, le doute sur l’impartialité de la MINUSCA risque de s’installer durablement, avec des conséquences potentielles sur la légitimité du processus électoral et sur la réputation même des Nations unies en République centrafricaine.
