
Des accusations relayées ces derniers jours sur les réseaux sociaux concernant la destruction présumée d’une école à Bambouti, dans la préfecture de la Haute-Mbomou, suscitent de vives réactions. Les autorités locales et plusieurs sources sur place contestent formellement ces affirmations.
Les publications incriminées, attribuées à Édouard Yamalet, présentent un scénario dans lequel des éléments des , appuyés par des instructeurs russes, auraient bombardé une école récemment construite avec le soutien de la et de l’. L’auteur évoque l’usage de roquettes et d’armes lourdes et appelle à l’ouverture d’une enquête internationale.
Une école « intacte », selon les autorités locales
Contactées, des autorités administratives locales de affirment que l’établissement scolaire mentionné n’a subi aucun dommage. Selon ces sources, le bâtiment est toujours en place et ne présente ni impacts visibles ni destructions structurelles.
Des photographies circulant depuis la localité montreraient une école apparemment intacte, bien qu’aucune mission d’observation indépendante n’ait, à ce stade, publié de rapport détaillé confirmant ou infirmant officiellement les différentes versions.
Ni la MINUSCA ni les représentants locaux de l’ONU n’ont, pour l’instant, annoncé l’ouverture d’une enquête spécifique liée à ces allégations.
Un contexte sécuritaire sensible dans l’est du pays
La zone de Bambouti, proche de la frontière avec la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud, demeure historiquement marquée par l’instabilité sécuritaire. Toutefois, les autorités centrafricaines indiquent que la situation s’est progressivement stabilisée ces derniers mois dans plusieurs localités de l’est du pays.
À , par exemple, des opérations conjointes impliquant la MINUSCA et les FACA auraient permis le retour progressif de déplacés internes et de réfugiés, selon des communications officielles.
C’est dans ce contexte que les accusations relayées en ligne ont émergé, suscitant un débat sur la fiabilité des informations circulant sur les réseaux sociaux concernant la situation sécuritaire en .
Désinformation ou alerte légitime ?
Les allégations de destruction d’infrastructures civiles, en particulier scolaires, constituent des accusations graves au regard du droit international humanitaire. Les établissements éducatifs bénéficient d’une protection spécifique en période de conflit.
En l’absence d’éléments matériels vérifiables rendus publics tels que des rapports d’expertise, des images authentifiées ou des témoignages formellement identifiés il demeure difficile d’établir la véracité des faits avancés.
Plusieurs observateurs soulignent que le climat informationnel autour de la crise centrafricaine reste marqué par une forte polarisation, où accusations de désinformation et contre-accusations s’entremêlent régulièrement.
Dans un contexte aussi sensible, des voix appellent à la transparence et à la vérification indépendante des faits. Une mission d’observation impartiale ou un communiqué officiel détaillé des organisations concernées pourrait contribuer à dissiper les doutes.
En attendant, l’école de Bambouti continue de fonctionner normalement, selon les autorités locales, tandis que le débat se poursuit sur la scène numérique.
André Gouloumbanda
