Bambari : un ressortissant Américain interpellé avec un diamant et une importante somme d’argent dans le sac

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Le 11 août dernier, Bambari est devenue le théâtre d’une arrestation digne d’un roman d’espionnage. Marouf Farhan Khalif, citoyen américain d’origine somalienne, a été appréhendé par les gendarmes centrafricains avec un diamant brut de 0,74 carat et une enveloppe contenant deux millions de francs CFA.

Mais derrière ce fait divers se cache une question qui inquiète tout le pays : comment un étranger a-t-il pu circuler librement dans des zones diamantifères sensibles, malgré la présence des forces armées centrafricaines (FACA) et de la Minusca ?

Depuis novembre 2024, Khalif exploitait une petite épicerie à Bria, dans la Haute-Kotto. Officiellement commerçant, il se déplaçait régulièrement entre Bria, Bambari et Bangui. Pour les habitants, ces allées et venues n’étaient pas anodines.

« Il n’était pas comme nous, il venait souvent en ville avec des sachets pleins d’argent… nous savions qu’il faisait quelque chose de suspect », confie un commerçant local, sous couvert d’anonymat. Bambari et Bria sont connues pour leurs gisements diamantifères. La liberté avec laquelle Khalif circulait dans ces zones sensibles interroge sur le contrôle réel exercé par l’État.

Un simple hasard ou une opération planifiée ?

Lors de son arrestation, Khalif a prétendu avoir « trouvé la pierre par terre » et ne pas connaître sa valeur. Mais transporter un diamant et deux millions de francs CFA dans une enveloppe ne ressemble guère à un hasard.

Un gendarme de Bambari, qui a participé à l’interpellation, confie : « Nous avons tout de suite senti que quelque chose clochait. Ce n’est pas une simple trouvaille. Il y avait un modus operandi, un déplacement calculé… nous devons comprendre jusqu’où ça va. »

Cette affaire soulève des questions sur les réseaux clandestins qui circulent dans le pays et sur la vulnérabilité des zones minières face à l’infiltration étrangère.

La détention illégale de diamants est sévèrement punie par la loi centrafricaine. Mais la combinaison diamant-argent dépasse le cadre légal : elle symbolise un commerce clandestin qui pourrait financer des réseaux criminels et déstabiliser la région.

Une source proche du parquet précise : « Chaque mouvement de ce type est analysé pour détecter d’éventuelles ramifications plus larges, car l’argent et les pierres précieuses circulent souvent de manière parallèle à l’économie officielle. »

Contrôle territorial : des failles inquiétantes

Bambari et Bria illustrent parfaitement les défis du contrôle territorial. Malgré la présence des FACA et de la Minusca, Khalif a pu se déplacer librement. Pour les autorités, cette situation est préoccupante : « Nous devons repenser nos stratégies de surveillance et de contrôle, car un seul individu peut exploiter les failles et menacer la sécurité locale », explique un officier de la FACA à Bambari.

Les habitants partagent cette inquiétude : « Nous voyons arriver des étrangers avec de l’argent et repartir sans que personne ne sache ce qu’ils font réellement », confie un chef de quartier.

Depuis plusieurs années, le gouvernement tente de stabiliser le secteur minier et de prévenir le financement de groupes armés. L’affaire Khalif est un test pour ces mesures : « Si nous ne réussissons pas à contrôler ces flux, c’est l’ensemble du système qui est fragilisé », avertit un membre du ministère des Mines. L’affaire démontre que, malgré les dispositifs mis en place, des failles persistent et peuvent être exploitées.

Entre mystère, enjeux économiques et sécurité nationale, l’affaire Khalif est un avertissement clair : la vigilance doit être maximale pour protéger le territoire et les citoyens de la République Centrafricaine.

Source : Eclipse d’Afrique

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