
Le Collectif des Organisations Citoyennes pour la Surveillance de la Démocratie et la Défense des Citoyens (COCSDC) a publié une déclaration ce 19 juillet 2025, concernant la récente résolution adoptée par le Parlement européen le 10 juillet 2025, qui réclame la libération immédiate de Martin Joseph Fuguero, détenu en Centrafrique et en attente de son jugement. Cette prise de position intervient alors que la communauté internationale suit de près l’évolution de cette affaire sensible.
Le 10 juillet dernier, le Parlement européen a adopté une résolution exhortant les autorités centrafricaines à libérer Martin Joseph Fuguero, invoquant des préoccupations relatives aux droits de l’homme et à la justice équitable. Toutefois, cette démarche n’a pas manqué de susciter des réactions critiques au sein de la société civile centrafricaine. Pour Doctrouvé Koï, porte-parole du COCSDC, la résolution européenne constitue une atteinte grave à la souveraineté nationale de la Centrafrique.
« Il s’agit d’une violation manifeste de notre souveraineté », a-t-il déclaré. « Le Parlement européen, sous prétexte de défendre les droits de l’homme, soutient une personne présumée accusée qui est venue en Centrafrique en tant que membre d’une organisation internationale, mais qui ne remplissait pas réellement les fonctions humanitaires qu’elle prétendait exercer. »
Une affaire délicate pour la justice centrafricaine
Martin Joseph Fuguero est actuellement incarcéré et en attente de son jugement dans une affaire dont les détails restent sensibles. Selon le COCSDC, il est important de laisser les institutions judiciaires centrafricaines mener leur travail en toute indépendance, sans ingérence extérieure. La demande de libération anticipée de Fuguero, portée par des institutions européennes, est perçue comme une forme de pression étrangère qui pourrait compromettre la crédibilité de la justice nationale.
« Nous rappelons que toute personne, même présumée coupable, a droit à un procès juste et équitable, mais cela ne doit en aucun cas servir de prétexte à des interventions politiques ou diplomatiques inappropriées », a insisté Doctrouvé Koï.
Le COCSDC a également lancé un appel au gouvernement centrafricain afin qu’il ne se laisse pas influencer ou manipuler par des pressions extérieures, en particulier celles émanant de la communauté internationale. L’organisation exhorte par ailleurs les institutions européennes à respecter scrupuleusement le droit international et les principes fondamentaux de la souveraineté des États.
« La Centrafrique est un État souverain, avec ses propres lois et institutions, qui doivent être respectées », a conclu le porte-parole du COCSDC. « Nous encourageons un dialogue constructif fondé sur le respect mutuel, mais nous refusons toute ingérence qui pourrait porter atteinte à notre indépendance. »
L’affaire Martin Joseph Fuguero continue de mobiliser l’attention au niveau national et international. Tandis que le gouvernement centrafricain prépare la suite de la procédure judiciaire, la communauté internationale reste divisée sur la manière d’aborder cette situation complexe, entre exigences de justice et respect des souverainetés nationales.
Augustin Dieu Veille
