«Primaire à Sibut, quand le MCU piétine sa propre démocratie interne»

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Les primaires du Mouvement Cœurs Unis (MCU) organisées le Vendredi dernier à Sibut tournent au vinaigre. De la supervision douteuse aux irrégularités de procédure, en passant par une candidature validée en dépit de la loi, le processus, loin d’être exemplaire, soulève de graves questions sur la transparence interne du parti présidentiel.

Arrivé en retard et sans aucun collègue pour l’encadrer, l’artiste-comédien GBAVINI, missionné depuis Bangui pour superviser le scrutin, a été vu en huis clos avec Abraham Nzapaoko, président fédéral du MCU dans la Kémo. Selon plusieurs témoins, ces deux acteurs auraient mis en place une procédure expéditive, excluant toute forme de débat public et de contrôle indépendant.

Au grand dam des électeurs, le vote secret a été écarté au profit d’un vote à main levée, jugé « facilement manipulable ». Pire, lors de la présentation des candidats, seul le dossier de l’actuel député sortant Félix Yangakola a fait l’objet d’un examen détaillé ; celui de Cyrille Balippa, candidat émergent et populaire, est resté scellé.

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Candidature illégale validée

Le plus flagrant : Félix Yangakola ne possède pas le baccalauréat, condition sine qua non pour briguer un mandat selon la Constitution. Pour contourner cette exigence, un document non identifié a été brandi. Sans authentification ni contrôle, cette manœuvre outrepasse la loi et fragilise juridiquement tout le scrutin.

Cyrille Balippa, jeune figure appréciée pour son engagement auprès des populations, n’a pas eu droit au chapitre. Son dossier, pourtant complet, n’a pas été présenté aux grands électeurs : un coup de force dénoncé comme un verrouillage politique au service de « vieilles » alliances.

Derrière la victoire acquise d’avance, certains voient un calcul cynique : endetté auprès de cultivateurs locaux, Yangakola bénéficierait de l’immunité parlementaire pour échapper à ses créanciers. Une raison supplémentaire, selon ses détracteurs, pour expliquer l’acharnement à le maintenir candidat.

Déterminé à faire la lumière, Cyrille Balippa a annoncé qu’il porterait l’affaire devant les instances nationales du MCU. Il réclame l’invalidation du vote, l’ouverture d’une enquête interne et l’organisation d’un nouveau scrutin « conforme aux règles démocratiques et à la loi ». Le MCU, mis sur la sellette, doit désormais choisir entre la « raison d’État » et la raison d’être d’un parti, sa démocratie interne.

La Rédaction

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