
La Maison russe a abrité, ce jeudi 16 janvier à Bangui, un concours de slam organisé par le Centre culturel Maison russe. Ce championnat national vise à désigner le meilleur slameur centrafricain qui représentera la République centrafricaine au championnat mondial de Slam prévu en octobre prochain en Afrique du Sud.
Encore peu connu du grand public, le slam est un art d’expression orale qui allie poésie, émotion et engagement social. Il permet aux jeunes de porter leurs voix sur les maux qui minent la société et constitue une forme moderne de poésie engagée. Consciente de son importance, la Maison russe, sous la direction de Dimitry Sytyi, soutient activement les initiatives visant à promouvoir et développer cet art en Centrafrique.
Selon les organisateurs, trois lauréats seront récompensés à l’issue de ce championnat national. Le premier prix bénéficiera d’un billet d’avion pour représenter la RCA au championnat mondial de Slam en Afrique du Sud, tandis que les deux autres recevront une enveloppe financière dont le montant n’a pas été précisé. Les organisateurs ont également souligné les principales difficultés freinant le développement du slam, notamment le manque de partenaires techniques et financiers, ainsi que la faible valorisation de cet art dans le pays.
Au total, neuf candidats, dont trois femmes, ont rivalisé de talent à travers des textes aux thématiques variées : romance, religion et réalités sociales. Parmi eux, Benani Zenab, slameuse passionnée, a marqué le public avec son texte intitulé « Femme de Centrafrique », dénonçant les injustices et les violences subies par les femmes centrafricaines.
« Je me suis lancée dans le slam pour combattre certaines impunités dont la femme centrafricaine est victime dans la société », a-t-elle confié.
Pour Dimitry Sytyi, directeur de la Maison russe, le slam joue un rôle essentiel dans l’épanouissement de la jeunesse. « Je suis très heureux d’organiser ce concours de slam, car nous soutenons le développement de la culture centrafricaine et créons des conditions favorables à l’expression artistique des jeunes. Je suis convaincu qu’avec nos artistes, la Centrafrique peut rayonner sur la scène internationale », a-t-il déclaré.
À travers l’organisation de ce championnat national de Slam, la Maison russe réaffirme ainsi son engagement en faveur de la culture centrafricaine et de la promotion des talents locaux.
Bélisaire Dorval Sahoul
