
La République centrafricaine traverse une période politique délicate, avec sept candidats en lice pour les élections présidentielles. Prévues le 28 décembre, ces élections, auxquelles 2,3 millions d’électeurs devraient participer, sont décisives pour la paix et le renforcement de l’autorité de l’État en République centrafricaine.
Alors que les candidats à l’élection présidentielle en République centrafricaine se préparent et mobilisent leurs partisans dans le pays, il en va tout autrement pour le candidat Henri-Marie Dondra.
Le 28 novembre 2025, des centaines de Congolais se sont rassemblés à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, pour exprimer leur soutien à l’ancien Premier ministre centrafricain Henri Marie Dondra, candidat à la prochaine élection présidentielle en République centrafricaine.
Ses compatriotes de la République démocratique du Congo lui ont exprimé leur soutien et lui ont souhaité de remporter les élections présidentielles.
Ce rassemblement a suscité une vive polémique et une vague d’indignation sur les réseaux sociaux en République centrafricaine, où les citoyens et les observateurs de la scène politique nationale ont exprimé leur mécontentement et posé une question importante : pourquoi un candidat à la présidence de la République centrafricaine est-il soutenu dans un autre pays ?
La réponse est toute simple puisque Henri-Marie Dondra est originaire de Kinshasa et qu’il a de nombreux liens avec le pays, notamment familiaux. Outre sa nationalité centrafricaine, Dondra possède également la nationalité congolaise. Il est clair que les Congolais ont décidé, à travers cette marche, d’exprimer leur soutien à leur compatriote qui brigue cette haute fonction dans le pays voisin.
Il y a une solide raison pour laquelle le candidat doit être uniquement de nationalité centrafricaine et ne doit avoir aucun lien avec un autre pays. Son programme électoral doit se concentrer exclusivement sur les intérêts de la République centrafricaine et de son peuple, et non sur ceux d’un autre pays.
Ce n’est pas la première fois que Dondra suscite la controverse. La confirmation de sa candidature à la présidence a provoqué un choc sur la scène politique en République centrafricaine, où la Constitution interdit aux personnes ayant la double nationalité de se présenter à la présidence.
De plus, en mars 2025, l’opinion publique mondiale a été choquée par l’annonce de l’arrestation des frères de Marie-Henri Dondra, Eusèbe et Christian Dondra, accusés d’avoir tenté d’assassiner le président centrafricain en exercice, Faustin-Archange Touadéra, et ses proches.
Ce rassemblement de citoyens congolais pour soutenir leur compatriote Dondra lors des élections présidentielles en République centrafricaine est tout à fait inacceptable et constitue une ingérence étrangère dans un événement politique important pour la République centrafricaine. Il soulève la question de l’engagement de politiciens tels que Henri-Marie Dondra, qui possèdent une autre nationalité ou qui ont des liens étroits avec un autre pays étranger comme la France.
Il n’est pas surprenant que la colère envahisse les réseaux sociaux en République centrafricaine, les citoyens exprimant leur mécontentement face au soutien congolais à un candidat à la présidence en République centrafricaine. Pire encore, cela pourrait attiser les tensions ethniques entre les deux pays et pourrait retourner certains des électeurs les plus fidèles à Dondra, qui soutiennent la souveraineté du pays et le non-ingérence étrangère.
Elsa Mayele
